Le conseil catholique veut attirer les enfants de familles bilingues
Alors qu’environ 8000 à 10 000 élèves ayant droit à l’éducation de langue française sont inscrits à des écoles d’immersion ou des écoles de langue anglaise, le Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE) a lancé lundi une vaste campagne de promotion qui vise les familles multilingues et les couples exogames.
Représentant 60% de sa clientèle potentielle, le conseil souhaite faire savoir à ces familles que l’école d’immersion est une option pour apprendre le français, mais pas la meilleure, selon eux. Certains ne savent carrément pas qu’ils ont le droit d’envoyer leur enfant à l’école française, selon la directrice de l’éducation du CECCE, Lise Bourgeois.
«Quarante pourcent de nos familles parlent l’anglais à la maison. On a passé l’étape de juger que c’est le rôle des parents de rendre leur enfant bilingue. On pense aussi que c’est le rôle du Conseil», a indiqué Mme Bourgeois.
«Donnez à votre enfant une vraie éducation en langue française» ou encore «Donnez à votre enfant la fierté de parler plus d’une langue» ne sont que deux des 66 conseils offerts par le conseil à travers sa campagne de publicité, qui sera lancée dans les journaux et les stations de radio et de télévision locales ainsi que dans des autobus d’OC Transpo.
Les femmes de 25 à 45 ans sont le public visé par cette campagne, les recherches ayant démontré qu’il s’agit d’un groupe qui a une influence importante sur les choix familiaux en ce qui a trait à l’éducation des enfants.
Lors de consultations publiques effectuées auprès des parents l’an dernier, ceux-ci ont rapporté que leurs amis et voisins ne connaissaient pas le CECCE. Le conseil s’est donc engagé à se faire connaître davantage et a travaillé avec des experts comme Glen Taylor, auteur de Fusion : Raising a bilingual child in a two language household pour cette campagne.
Bien que la campagne s’adresse majoritairement aux familles dont l’un des parents parle français, le Conseil s’est aussi rendu compte que des parents québécois n’envoyaient pas leur enfant à l’école française croyant que le fait de les envoyer à l’école anglaise les rendra bilingues.
«S’ils sont inscrits à l’école française, ils deviendront tout aussi bilingues et ce sera un bilinguisme durable», a indiqué la directrice des communications du CECCE, Roxanne Deevey.
Outre la campagne de publicité, des vidéos qui présentent des familles exogames sont disponibles sur le site Web.
Pour Craig Anderton et sa femme Isabelle, qui sont l’une des familles présentée dans les vidéos, il était important d’envoyer leur enfant à l’école française bien qu’ils parlent majoritairement l’anglais à la maison.
«Je travaille au gouvernement fédéral et je sais que le bilinguisme est important et un avantage sur le marché du travail. La famille de ma femme est francophone et c’était important que mes enfants comprennent la langue», a indiqué M. Anderton.
Ses deux enfants fréquentent actuellement l’école d’enseignement personnalisé Édouard-Bond dans l’ouest de la ville et M. Anderton est très surpris du niveau de français qu’ils ont déjà atteint.